L’église de «sanctus Abundus»
Sa construction soignée et son chevet polychrome confèrent à cette église une originalité et des qualités incontestables.
En dehors de l’abside décorée, l’église se distingue par l’aspect massif de la construction et l’omniprésence de la pierre, sensation renforcée par le dimension réduite des baies
La marque du chapitre
Une église sous le vocable de « sanctus Abundus » est identifiée sur ce territoire depuis 825, ainsi qu’une seconde église Sainte-Catherine. Toutes deux sont comprises dans la viguerie carolingienne de « Chalmes Ellarias » dont on connaît mal la délimitation, mais la paroisse de Saint-Haon semble provenir d’une scission de ce territoire. Possession du fisc royal à l’origine, l’église est donnée à l’évêque du Puy au XI’ siècle avant d’échoir au chapitre cathédral en 1164 et ce, jusqu’à la Révolution. C’est peut-être à cette occasion que l’édifice est rebâti, car la majeure partie de celui-ci est souvent datée de la seconde moitié du XII eme siècle. La collation* de la cure semble avoir appartenu, à l’origine, au prévôt du chapitre cathédral. En 1246, Armand de Polignac transigea avec les chanoines pour l’union de la cure à la mense du chapitre.
*Collation : action de conféter un bénéfice ecclésiastique. ici de désigner le prêtre desservant.
Un chevet remarquable
Établi sur un terrain en pente, les constructeurs ont rattrapé la déclivité par un soubassement de gros blocs de basalte et de brèche. Mais tranchant avec cette base grossière, l’église est d’une construction très soignée. Elle présente un chevet pentagonal édifié en bel appareil de moellons granitiques, très bien taillés et maçonnés à joints vifs. Clément remarquable, la corniche du chevet se distingue par un procédé de construction peu répandu : un modillon, sur lequel sont sculptées des têtes d’hommes et d’animaux, supporte un sommier unique d’où partent deux arcatures contiguës dont la partie inférieure se profile en forme de tore. L’effet décoratif de ce dispositif L est renforcé par la polychromie produite par l’alternance de lits de pierre de couleurs claire et sombre, situés au niveau des arcades.
La qualité d’exécution du décor de l’abside réside dans ce jeu d’arcatures rehaussé par la polychromie de l’appareillage, complété par une série de modillons sculptés tous différents.

Le chevet présente cinq pans dont seuls ceux de l’Est et du Sud-Est sont ajourés par de grandes fenêtres à double embrasement
*Collation : action de conférer un bénéfice ecclésiastique. ici de désigner le prêtre desservant.
On accède à l’édifice par un portail méridional, percé dans un massif -de maçonnerie placé en avant du mur. Celui-ci est composé d’une archivolte de trois voussures toriques, précédées d’un grand arc ; les six colonnettes qui les supportaient ont disparu. A la jonction de la nef et du choeur, au-dessus de l’arc triomphal, s’élève un gros clocher-peigne à quatre arcades flanqué de deux clochetons pyramidaux. Cet ensemble ne parait pas être antérieur au XVI’ siècle.
L’église de Saint Haon classée monument historique, fut bâtie et rebâtie de IX° au XVI° siècle. Dans son ensemble, de style roman, elle est remarquable par la qualité de sa pierre de taille en arkose à gros grains assez rare et son gros clocher à peigne à quatre arcades.


